Article paru sur le journal l’ expression
Un poète volubile
Le poète Ahcène Mariche a présenté, mercredi, son recueil Id Yukin, dans le cadre du Café littéraire organisé par la Bibliothèque nationale du Hamma.
L’ouvrage, écrit en tamazight et traduit en langue française sous le titre Les nuits volubiles et édité à compte d’auteur, traite de plusieurs thèmes «en rapport avec le vécu», a indiqué l’auteur.
«Mes poèmes, inspirés de la réalité, abordent plusieurs sujets notamment l’amour, la paix, la tolérance, l’expérience humaine ainsi que certains thèmes plus philosophiques tels que la vérité ou la vie et psychanalytique comme le rêve», a confié cet enseignant de sciences physiques, venu aux belles lettres il y a une vingtaine d’années alors qu’il était en terminale.
Situant sa poésie, Ahcène Mariche a, par ailleurs, indiqué que dans son œuvre «on trouve des traces de la philosophie du chanteur et poète Lounis Aït Menguellet et des chansons de Jacques Brel».
«Ma poésie va dans le sens de l’analyse. Je pose une problématique que je développe ensuite», a expliqué l’auteur qui utilise, outre des métaphores, des proverbes séculaires «porteurs de message de sagesse, d’humanisme et d’amitié». L’homme de lettres, travaillant actuellement sur la collecte des proverbes et dictons du terroir, a aussi évoqué dans de nombreux poèmes la femme, notamment dans son œuvre Les filles de mon pays, à travers laquelle, a-t-il précisé, il «rend hommage à la femme algérienne, sa beauté et sa noblesse».
Par ailleurs, le poète, dans son texte intitulé Saint Valentin, publié dans le livre d’anthologie berbère, en avril 2005 aux Etats-Unis, évoque les amours célèbres, voire légendaires, dont Kaïs et Leïla, Saïd et Hizya, Hasnaoui et Fatma, Antar et Abla, Ahcène et Zifka, sans oublier Roméo et Juliette et Valentin et Valentine.
«Les poèmes d’Ahcène Mariche sont des regards explorateurs d’un monde, parfois non encore découvert où le poète, en cherchant le beau, rencontre plus de vérité que le philosophe. Sa poésie est une quête, une exploration d’univers sans frontière», est-il noté dans la préface de ce recueil, écrit en tamazight et traduit en français et dont la version en langue nationale paraîtra dans un avenir proche. Ahcène Mariche, dont l’ouvrage Id Yukin sera traduit également en italien, en anglais et en japonais, a aussi réalisé des tableaux, sur un support en «faux daim» reprenant ses poèmes, actuellement exposés à la Bibliothèque nationale.
APS
article paru sur kabyle.com
Sidi Valentin (Saint Valentin), poème de Ahcène MARICHE
Posted on février 12, 2006
L’amour, ce sentiment si beau à vivre, à imaginer, à souhaiter ou même à rêver. C’est un royaume où il n’y a ni roi, ni couronne, ni esclave, ni chaînes.
L’amour, c’est cet ange qui nous vient d’en ne sait où, nous pénètre sans nous aviser. Il ne frappe jamais à la porte, et entre sans permission.
Il est bon, doux, fait rêver et change tout. Il est rebelle, repousse les barrières, ne connaît pas les frontières, les couleurs et le temps. Il n’a pas d’âge, on le vit à tout âge. Dans chaque coin de la terre, un nouveau couple naît.
Que de couples, l’histoire nous a rapporté. Ils se sont aimés à en mourir. Même si le sentiment est le même, à chacun son histoire, sa place sur ce globe, sa culture et l’époque qu’il a vécue.
Le sentiment est le même, l’appellation change d’une culture à une autre, les histoires sont toujours récentes, en dépit du temps qui passe. On les célèbre pour mieux les vivre encore et encore.
Ces couples amoureux sont une référence, on se compare à eux, on veut même les dépasser d’un cran.
Des parents de l’humanité Adam et Ève, Ahcène Mohamed Mariche a revisité certaines époques avec leurs amoureux et a fait escale, à l’occasion de la Saint Valentin ; chez Valentin et Valentine, Roméo et Juliette, Antar et Abla, Saaiyed et Hiziya, Chabane et Drifa Ujajih, Lhesnaoui et Fadhma, et nous fait découvrir la plus récente histoire entre Ahcène et Zivka, et nous livre sont poème « Sidi-Valentin ».
Version Kabyle
SIDI VALENTIN
D rbaatac di Furar,
D tamaghra n wid yemhemalen
Yal wa d akken att-yedder
D win d ttin aazizen
D lâada seg wass-mi yedder
Valentin d Valentine
*#*
Yal wa s anda yerra
Yal wa ghef ig-ttnadi
Ad afen merra taghawsa
Yiss ar ad begnen tayri
Ilemzi, amghar yedda
Ihuz-iten akk ubehri nni
Ihuz-iten akk uhulfu nni
*#*
Si iâarqab akk neffegh
Ad n-awit tizedjigin
Deg ulawen merra a nezraâ
Lhub ad n-ttut tismin
Lehmala degs nfaâ
Lguirra d ayen ur nemâin
*#*
Achal d lqarn iâadan
Amezruy ijemaâ-iten-id
Deg ubrah n tayri ressan
Mhemalen nebder-iten-id
Achal d taqsit i yedran
Naâya nesfruri-tent-id
*#*
Hkan-d ghef Antar d Abla
D Caaban d Drifa Ujajih
Hkan-d ghef Qeys d Leyla
Rnan-d ghef Romeo d Juliette
Ur netsu Saâid d Hiziya
D taqsit id- yewwin jjih
Ger Lhesnaoui d Fadhma
Ma d taqsit n wass-a d tajdhit
Ger Hsen d Zivka
Ussan-a is-gezmen timit
*#*
Vincent Van Gaugh mechur
Laâmer tedhra teqsit-is
Iwala iman-is mehqur
Mi tugi tmaâcuqt-is
Yeâya degs yessutur
Yekker igzem amezzugh-is
*#*
Yal wa d acu yehda
Isehl-as uxtiri
Nek ayatma aawqagh
D acu ara yilin d inigi
Yal lhadja muqlegh
D ayen ttebghigh ur telli
Ur iyi-teccur tit madhi
*#*
Achal n lehwayedj i xtaregh
Yisent ar taâzizt ad arzugh
Tawardett deg ufus ad t-dmegh
S wayed d asefru ad s-arugh
Zzin-is ghef lkaghed ad t-id-begnegh
Talgha-s, stalaght ad t-bnugh
Deg irrebi-s ad s-ten-sersegh
Mazal zmam ad t-arugh
Taryri-w akk ad tid-feslegh
Ayi d-yegri ussaru ad t-aanugh
Nek yides ar a t-laabegh
Nek yides ar a t-metlegh
*#*
D xemestac di Furar
Amezruy ifat nekcem
Nughal nettunebdar
Ass-a yugra-yagh-d yisem
D uffir m ad ass a yedher
Cfut ghef Zivka d Hsen
*#*
Laânaya-k a Sidi Valentin
Laânaya-m a Lala Valentine
Laânaya-k kecini a Qis
Laânaya-m kem -ini a Leyla
Laânaya-k a Lhesnaoui
Laânaya-m kem a Fadhma
Laânaya-k kec a Saaiyed
Laânaya-m kem a Hiziya
Laânaya-k kec a Romeo
Laânaya-m kem a Juliette
Aqlagh nerna-d ghur-wen
Ur agh ttehecimet ara
D ayen yedhran yidwen
I yid-negh yedhra ass-a
Sewaâden agh s udhad am uccen
Am akken d timenghiwt ay nengha
Sburet-agh s ucedhadh-nwen
Tetchurem d lbaraka.
Version Française
SAINT VALENTIN
C’est le quatorze février
Les amoureux chaque année le fêtent
Chacun comment va le vivre
Avec celui ou celle qu’il aime
C’est une tradition depuis le temps
De valentin et de valentine
*#*
A chacun sa destinée
Et chacun ce qu’il cherche
Pour trouver ce symbole
Qui témoigne de leurs amours
Jeunes, vieillards ensembles
Secoués par cette brise
Secoués par cette sensation
*#*
Vers les champs on est tous sortis
Cueillir des fleurs, des roses
Dans les c��urs l amour on va semer
Et que personne ne jalouse
De l’amour un délice en on tire
La guerre est ce qu’il y’a de pire
*#*
Que de siècles se sont écoulés
L’histoire les a rassemblés
Dans les annales de l’amour porté
Ils se sont aimés, on les a cités
Que d’histoires se sont déroulées
On les a souvent égrenées
*#*
On a ressuscité ANTAR et ABLA
CHABANE et DRIFA UJAJIH
Aussi QEYS et LEYLA
Même ROMEO et JULIETTE
SAÂID et HIZIYA sont là
Tel ce qui a engendré l’exil
Entre EL HESNAOUI et FADHMA
D’entre elle la plus récente
Est celle de AHCENE et ZIVKA
Elle est des plus fulgurante
*#*
VINCENT VAN GAUGH est de renom
Son histoire ne s’est jamais reproduite
Sous-estimé, il s’est vu
Devant le refus de sa bien aimée
Il n’arrêtait pas de la supplier
Son oreille il se l’est coupé
*#*
Chacun ce qu’il a offert
Et le choix lui a été facile
De moi l’embarras se sert
Qu’est ce qui me sera témoin
Toute chose que j’ai vu
Comme je la veux elle ne l’est
Ne me remplissant même pas la vue
*#*
Que de choses j ai choisies
A ma bien aimée les offrir
Une rose dans une main
Dans l’autre un poème que je lui ai écrit
Sa beauté sur un papier je l’ai dessinée
Sa forme avec de la terre je l’ai formée
Le tout sur son giron je vais le déposer
Il me restera un livre à écrire
Où tout mon amour je vais le décrire
En scénario je vais l’adapter
Et les rôles seront les notre c’est clair
*#*
Vint le quinze février
Un pied dans l’histoire on a
Sur toutes les langues on est
Nos noms sont bien là
Ils sont bien clairs aujourd’hui
Souvenez-vous de AHCENE et ZIVKA
*#*
Louanges à toi ô Saint VALENTIN
Louanges à toi ô VALENTINE
Louanges à toi ô QEYS
Louanges à toi ô LEYLA
Louanges à toi ô EL HESNAOUI
Louanges à toi ô FADHMA
Louanges à toi ô SAAIYED
Louanges à toi ô HIZIYA
Louanges à toi ô ROMEO
Louanges à toi ô JULIETTE
Louanges à toi ô CHABANE
Louanges à toi ô DHRIFA
Louanges à toi ô ANTAR
Louanges à toi ô ABLA
Nous voici parmi vous
Ne nous en décevez pas
C est ce que vous avez enduré
Qui nous est réservé
Tel le chacal on nous pourchasse ;
Damnés tel des criminels
Nous implorons votre protection
� saints vénérés.
Poème de : Ahcène Mohammed Mariche
article paru sur le journal le soir d’ algerie
Regards explorateurs d’un monde non retrouvé
Posted on avril 13, 2006
Ahcène Mariche a mis beaucoup de temps pour enfin éditer son premier recueil de poésie Id Yukin (les nuits volubiles). Ce professeur de physique passionné de poésie a rassemblé plus de 32 poèmes, traduits en français, dans son nouveau recueil qui vient de sortir dans les librairies.
La nuit et les étoiles inspirent beaucoup le poète. A la recherche de la vérité, le noir éclaire paradoxalement ce jeune poète pour qui les étoiles sont un véritable reflet pour explorer et voir plus loin. Il conçoit la nuit comme un ange, un être qui l’interpelle, qui lui parle. Convaincu que la nuit est “éveillée”, Ahcène Mariche est en quête d’un univers sans frontières, sans couleurs, où l’amour a ces capacités de pénétrer dans des zones inconnues de son âme. “Il ne frappe jamais à la porte, il entre sans permission”, dit-il.
Tantôt philosophe, souvent psychanalyste, le poète, qui traite l’amour dans tous ses états, a su capter le cri de la Saint- Valentin. Un fait inédit dans la poésie d’expression kabyle. Toujours à la recherche de la vérité, Ahcène Mariche, qui traite aussi des vicissitudes de la vie, va plus loin au-delà des horizons pour illuminer les regards. On y trouve de tout. Des images, des métaphores, des analyses et beaucoup d’autres rêves avec un verbiage pointu et très recherché.
Ahcène Mariche, poète polyglotte, compte traduire son recueil dans plusieurs langues. Son poème, Saint-Valentin dédié aux amoureux, a fait le tour du monde entier. Il sera interprété probablement par la chanteuse Malika Domrane. Aujourd’hui Ahcène Mariche innove encore. Il met sa poésie en tableaux. Ses poèmes sont écrits avec de la peinture sur soie (faux daim) en quatre langues (kabyle, français, anglais et arabe).
J. L. H.
Kabyle.com : Taâezzult iw (Confidences et mémoires), deuxième recueil de Ahcène Mariche
Posted on mai 30, 2006
Après avoir signé « Idh yukin » (Les nuits volubiles), en 2005, le poète Ahcène Mariche, revient, une année après, avec un second recueil de poésie intitulé : « Taâezzult-iw » (Confidences et mémoires).
Celui-ci est édité à compte d’auteur, comme le premier, il a été préfacé par Djamel BEGGAZ, il est composé de 25 poèmes écrits en langue kabyle avec leur traduction en langue française réalisée par Mohamed Melaz.
Sorti le 07 mai dernier, « Taâezzult-iw » (Confidences et mémoires) est, actuellement, disponible au niveau des grandes librairies de la Kabylie et dans quelques-unes à Alger et à Oran, en attendant sa distribution à grande échelle.
Fiche technique du recueil :
Titre : « Taâezzult-iw » (Confidences et mémoires)
Auteur : Ahcène Mariche
Édition : A compte d’auteur
Traduction : Mohamed Melaz
Préface : Djamel BEGGAZ
Conception : BEGGAZ.Info
ISBN : 9947-0-1264-6
Nombre de pages : 122
Prix public : 180 DA
Lire Taâezzult iw (Confidences et mémoires), deuxième recueil de Ahcène Mariche sur Kabyle.com
Article paru sur le journal ddk
“Confidences et mémoires”
Posted on juin 3, 2006
Poète prolifique, artiste imaginatif aussi, Ahcène Mariche éclaire ses fans de plus en plus nombreux avec une série de poèmes réunis dans son nouveau recueil intitulé jalousement Taazzult-iw à travers lequel le poète fait de plus en plus chavirer les amoureux de la rime et les adeptes de la poésie kabyle.
Cette nouvelle aventure, lit-on dans la préface, Ahcène Mariche nous fait revisiter avec la force de sa poésie, le bon vieux temps tout en mettant l’accent sur la société et l’univers culturel berbère, le poète entame ses “confidences” par un poème dédié à l’amour. Il vante la Saint- Valentin avec une pensée aux amoureux célèbres, pas ceux d’un jour, ceux par contre qui à jamais partagent le “royaume” de l’amour, là “où il n’ y a ni roi, ni couronne, ni chaînes”.
S’ensuit alors toute une série de poèmes embarquant le lecteur vers un horizon lointain guidé par l’auteur qui veut bien lui faire partager ses goûts, ses pensées et toutes ses sensibilités réunis autour de ses “mémoires”. Chaque poème est un mélange de saveurs, une fusion de décors, où joies, peines, blessures, désespoir et jalousie se côtoient.
J. L. H.
Ahcène Mariche, l’artiste
Posted on juillet 13, 2006
Il n’est plus à présenter, le poète kabyle Ahcène Mariche, qui a déjà beaucoup fait parler de lui. En plus de l’arabe et du français, sa poésie est traduite en six autre langues et émise sur pas moins de vingt sites internet.
C’est énorme quand même, avouons-le. Et ce n’est pas tout, un de ses poèmes Sisn Valentin, en l’occurrence consacré comme l’indique son titre à Saint-Valentin, est publié dans la célèbre anthologie “To Topos”, une publication de l’université de l’Oregon States aux USA.
Ce même poème composé, signalons-le, de quarante-huit vers où il rend hommage aux célèbres couples d’amoureux : Antar et Abla, Qaïs et Leïla, Roméo et Juliette…. a été édité sur une carte de vœux spécial Saint-Valentin dans un ouvrage unique, un chef-d’œuvre qui l’a fait, en tous cas connaître du grand public, son imagination ne va pas s’arrêter là, Ahcène Mariche a eu en effet l’ingénieuse idée de mettre sa poésie sous forme de tableaux dessinés avec de la peinture sur soie.
Mariche que nous avons rencontré il y a quelques jours dans son village Tala Toulmouts (Tizi Rached) se rappelle qu’il a écrit son premier poème à l’âge de 17 ans (en 1984). Actuellement il a édité deux recueils et dit avoir encore pas moins de 300 poèmes inédits. Pour lui, en fait la poésie est un don. Sa formation professionnelle a fait le reste. “Je n’aime pas copier, je crois que j’ai un style d’écriture qui m’est tout à fait propre”, nous a-t-il dit.
Il est vrai en effet qu’Ahcène Mariche qui est, rappelons-le, professeur de physique au C EM , ne se contente pas de décrire les choses dans ses écrits en somme, il a beaucoup plus tendance à porter des analyses scientifiques sur les différents thèmes qu’il traite. En outre et comme tout bon poète, Ahcène aime le calme. “Je m’inspire de la nuit”, a-t-il affirmé. D’où est “inspiré” selon lui, le titre donné à son premier recueil Id yukin (Les nuits volubiles) publié, rappelons-le, en 2005. “Il y a des nuits comme ça, le calme aidant, au lieu du sommeil, c’est cette inspiration qui me vient, je me déchaîne alors jusqu’à passer des nuits blanches à écrire et composer mes vers”, explique-t-il en effet.
Premier essai réussi, peut-on dire, quoi que cela est loin d’être l’objectif d’Ahcène Mariche, son vœu étant de porter haut la poésie kabyle, pas moins de 1 000 exemplaires ont été vendus de Id yukin en l’espace d’une année, pas du tout surprenant pour un ouvrage, où l’auteur traite avec l’analyse du scientifique et le regard d’un artiste, des sujets variés de la société tels que la paix, la vérité, la femme, l’amour pour ne citer que ceux-là.
Avec la même approche et un style qui lui est devenu propre, Ahcène Mariche nous amène à lire et à découvrir ses mémoires et confidences et nous fait revisiter le bon vieux temps, en mettant l’accent sur la société et l’univers culturel berbère, dans un autre recueil édité dernièrement intitulé jalousement Taeezzult Iw (confidences et mémoires). Pourquoi Taeezzult Iw ? lui avons nous demandé. “Ce mot désigne tout ce qui nous est très cher, ce qu’on garde jalousement pour nous-même, pour moi Taeezzult Iw, ce sont nos mémoires”, a-t-il expliqué.
M. O. Ben Mokhtar
Article paru sur le journal ddk
Id Yukin, recueil de poésie de Ahcène Mariche
Posted on février 26, 2007
Bien que lent et timide, le parcours de la littérature amazighe fait son bonhomme de chemin, sur un parcours parsemé d’embûches. D’une part, l’edition reste un écueil insurmontable, et la seule formule possible reste l’édition à compte d’auteur qui n’est pas toujours envisageable par la totalité des auteurs.
D’autre part, le lectorat amazighe, en latin particulièrement ne s’est pas vraiment manifesté pour consommer ce qui sort sur les étals des libraires. Et la situation du statu-quo persiste au grand dam de ceux qui veillent des nuits entières à mettre tant bien que mal leurs peines, leurs déceptions et leurs joies sur papier.
Ainsi voient le jour des livres dans la langue de Muhend U Yahia, soient-ils romans, recueils de nouvelles, recueils de poésie, essais et théâtre, pour garnir l’actualité littéraire nationale et universelle.
Id Yukin (les nuits volubiles) est de ces recueils de poésies non négligeables qui vient d’enrichir la littérature amazighe. Par son titre déjà évocateur, Ahcène Mariche lance un pavé dans la rare, et provoque le verbe par lequel il dépeint un quotidien morose et met à nu les souffrances d’un cœur brisé.
Id Yukin, plus qu’aucun autre recueil de poésie, fait de l’amour , un thème prioritaire sans ambages, ni retenue aucune. Trente deux textes écrits intégralement à la première personne du singulier. Subjectif diraient certains, mais le “moi” n’a jamais été vu d’un œil négatif en littérature. En d’autres termes , nul ne peut être préoccupé par les soucis d’autrui que soi-même, et rien ne peut être bien maîtrisé et connu que par soi-même.
Les textes kabyles sont traduits en français par O. Idir, comme il est indiqué sur la couverture. Une mesure, sans doute, en vue de toucher un lectorat plus large. La traduction n’est jamais interdite en littérature, à condition qu’elle soit fidèle au texte orignal, et aux sentiments de l’auteur. Dans ce recueil édité à compte d’auteur, le personnage central de la majorité des textes est le cœur de l’auteur. Un cœur meurtri par-ci, un cœur en ébullition par-là, un cœur tel une paire de bœufs ; mon cœur n’est qu’un organe banal, et que sais-je encore. En somme, c’est un cœur surchargé et empreint de jérémiades et lamentations.“Les nuits volubiles” est un recueil écrit à la forme négative et interrogative.
En effet beaucoup d’interrogations et beaucoup de négations, à donner le tournis à l’affirmative, jugez-en : Est en paix celui qui n’a rien su et n’a rien vu/Est en paix celui qui n’a point de mérite/ Anta Kem ?/ D acu kem ?/ Anda kem ? I ni-d-ma themmled-iyi (dis moi si tu m’aimes) etc… Côté structure, Ahcene a utilisé le sizain tout le long de son recueil, à l’exception de “Amedyaz” (le sommeil du poète) qui est un huitain (un poème à huit vers dans chaque strophe. Le sizain, pour rappel, est une structure très répandue dans la poèsie kabyle, avec le quatrain et le tercet, qui compose à son tour le neuvain. Quant à la rime, l’auteur a employé la rime la plus usitée en poésie kabyle, en l’occurrence la rime croisée.
Hormis l’amour, le poète a abordé certains autres thèmes, à l’instar du social, comme dans “Tihifa” (Mes tracas). Là, Ahcène ne se limite pas aux complaintes, mais illustre ses propos par une sagesse inspirée de celle du terroir : “Win ur nerri ddwa i tit-is/ur s t-id-ittg u emmi-s/ win ur nezri abernus-is/ Ammas yedd-deg cuad-is (celui qui n’écarte la poussière sur sa pupille/ qu’il attende son proche lui souffler sur les cils/Celui qui ne se débarrasse pas de la crasse accrochée à ses pans/s’en ira la saleté enlisée dans son vêtement).
La condition de la femme est mise en exergue par l’auteur également dans “Tamettut” (la femme) un autre thème est abordé dans la quatrième ouverture. Il s’agit de “la vérité”, un concept ayant fait couler beaucoup d’encre dans la littérature universelle. En conclusion, Ahcène mariche vient de marquer de son empreinte la poèsie kabyle, à travers ce recueil de 116 pages.
Salem Amrane
Article paru sur EL WATAN
Poésie : Mariche, ou la création multiple
Posted on avril 24, 2007
Il est à la fois poète, professeur de physique, archiviste de culture berbère, animateur de soirées, caméraman et photographe. Ahcène Mohammed Mariche sait marier avec dextérité la science à la littérature, l’image au son, les rêves à la réalité pour dire et écrire.
Ses premiers poèmes remontent au lycée de Larbaâ Nath Irathen, au temps de la protesta identitaire d’avril 1980. En 2005, il publie son premier recueil, Id yukin (les nuits volubiles). Sur 113 pages, le poète laisse libre cours à son inspiration pour aborder un patchwork de thèmes : l’amour dans tous ses états, la femme, le rêve, la paix, la beauté, la nuit, la vérité, l’ingratitude. Revigoré par le succès de l’ouvrage, il récidive une année plus tard avec une nouvelle œuvre intitulée Taezulthiw (confidences et mémoires).
Les filles, la jalousie, la société, le destin, l’amour, la déception, tout est sujet à la prose. Rien n’échappe à sa muse poétique. « Les préoccupations sont nombreuses, j’en ai sélectionné bon nombre. J’ai choisi les plus sérieuses pour parler sans encombre. Elles surgissent d’une façon mystérieuse, bien que j’ignore jusqu’à leurs ombres, et me pénètrent d’une allure sérieuse », note l’auteur, un brin philosophique. Ecrits dans un kabyle simple, accessible, les poèmes se lisent d’une seule traite.
Dans Saint Valentin, il glorifie l’amour et réinvente l’épopée de Antar et Abla, Qaïs et Leila, et tous les « fous » du noble sentiment. Nostalgique, il se remémore dans un autre poème les belles années d’avant, la décence, la pudeur et le respect d’antan. « L’une derrière l’autre, les vertus s’en vont/Nous laissant perplexes et ahuris/Aucune trace d’elles cependant/Rien ne subsiste, c’est fini/On a beau chercher, c’est le néant/Il est temps de revoir ta vie. » La touche humaniste est omniprésente dans les œuvres de ce jeune poète natif de Tala Toulmouts (Tizi Rached). Pour brasser large, Mariche a traduit ses vers dans d’autres langues dont l’arabe, le français, l’anglais, l’italien et l’allemand.
Son poème Saint Valentin a été repris dans la publication To Topos, éditée par l’université de l’Oregon state, aux USA. « Il faut faire parvenir ses pensées même vers des contrées lointaines comme pour leur dire que nous sommes là et que notre culture est au diapason de l’évaluation et de la modernité. » Ses poèmes sont disponibles sur plus d’une quinzaine de sites et autres blogs.
Reconnu pour son talent , la chaîne de télévision Canal Algérie lui a ouvert ses portes à maintes reprises dans l’émission « Bonjour d’Algérie » où il déclama des poèmes en quatre langues. En juillet 2006, l’ENTV lui a consacré un reportage sur toute son œuvre artistique, diffusé dans l’émission « Saif El Djazaïr ». En projet, il compte publier quelque 300 poèmes.
Ahcène Tahraoui
ARTICLE PARU SUR LA DDK
“Tiderray”, le nouveau recueil de Ahcéne Mariche
Posted on juillet 25, 2007
tiderrayN’étant plus à présenter, le poète Ahcene Mariche a aujourd’hui une renommée dépassant nos frontières. Il a déjà publié deux recueils, Id yukin (nuits volubiles) édité en juin 2005 et Taezultiw (confidences et mémoire) mai 2006. Cet été, il revient avec un nouveau recueil composé de 33 poèmes, celui-ci est intitulé Tiderray (contusions).
“Notre vie est faite de choses quotidiennes. Elle est pleine d’embûches et de souffrances et cela dans tous les domaines” a dit Ahcene Mariche, que nous avons rencontré il y a quelques jours, pour expliquer le choix de ce titre. Traduit en français par Mohamed Melaz, Tidderay est en fait une conception de tous ces chagrins et malheurs de la vie qu’un poète décrit avec une approche propre à lui, mais avec cette mélancolie qui ne le lâche pas en fait dans pratiquement tous ses poèmes “Comme le dit l’adage bien de chez nous, d’Lemhayen Ighesfrouyen” a expliqué Mariche.
Cette tristesse qu’on ressent dans ses textes. Dans Tiderray, le poète parle de l’amour, de la société, de la santé et ses limites, de l’argent, de ses blessures… Il illustre des scènes conçues pour certaines d’entre-elles, a-t-il dit, des histoires vraies. Il nous fait vivre par exemple, cette nuit cauchemardesque qu’il aurait vécu en assistant à la fête de mariage de sa bien-aimée. Dans un autre poème, Mariche se met dans la peau d’un amoureux qui attend avec impatience la levée du jour pour aller à la rencontre de la femme qu’il n’a jamais vue auparavant et qu’il a connue grâce à ce Maudit bip comme est titré le poème.
Ahcene Mariche a fait aussi parler le tranchant ( le couteau) qui raconte ses déboires et ses moments de bonheur. Par ailleurs l’argent, source de bien-être pour certains est vu d’un autre œil par Mariche, dans son poème L’argent, le poète cerne ce que l’argent ne peut procurer, Ahcène Mariche parle aussi de “l’ombre”, des sautes d’humeurs, de ses souffrances d’enfances, de la société et les mœurs dans Sois toi-même, il nous montre qu’une personne peut anéantir son image en cédant à une imitation aveugle. Il fait référence à ces coutumes étrangères qui enlaidissent notre société.
Dans Tiderray, Mariche traite en somme plusieurs sujets, il le fait dans un style propre à lui. Celui-ci se singularise par son verbe simple et accessible et par ses métaphores. Il ne fait pas dans le superficiel. Dans ses textes, il va au plus profond des choses avec ses analyses scientifiques, parfois philosophiques, son nouveau livre est absolument à découvrir.
Voluble Nights, un recueil en anglais, une première en Algérie
Décidément Ahcene Mariche ne cessera pas de nous surprendre par les nouveautés dans ses réalisations. En effet, après avoir “inventé” la carte, “Saint-valentin” en kabyle avec le poème Sidi-Valentin, voilà que le poète édite un recueil en anglais Voluble Night bien que celui-ci n’est qu’une production en cette langue de son premier recueil Id yukin mais cela reste une première dans la poésie en Algérie.
Voluble Night est destiné aux étudiants et à tous les universitaires en anglais ainsi qu’à tous ceux qui se débrouillent dans cette langue, Mariche ne compte pas s’arrêter là puisqu’il envisage d’éditer aussi la version anglaise de son second recueil Taezul-iwr très prochainement, un livre qu’il publiera aussi en arabe. Mariche nous montre en outre qu’il a encore dans son réservoir pas moins de 300 autres poèmes. Il nous réserve toujours plusieurs surprises, on peut vraiment s’attendre à tout, et c’est tant mieux pour la poésie et la culture kabyles en général.
M. O. B
ARTICLE PARU SUR LA DDK
Poésie, Ahcène Mariche innove
Posted on avril 9, 2008
Ahcène MaricheDécidément, Ahcène Mariche, ce poète dont la célébrité dépasse les frontières, n’arrêtera pas d’innover dans son domaine.
En effet, après son “invention” de la carte de vœux Saint-Valentin où est gravé son non moins célèbre poème intitulé Sidi Valentin confectionné spécialement pour l’occasion, et la gravure de certains de ses poèmes sur des tableaux de peinture, voilà que Mariche revient cette fois avec une toute nouvelle innovation.
Il s’agit d’un album audio, présenté en cassette et CD, une nouveauté des plus originales. “On dit que les gens s’intéressent de moins en moins à la lecture, j’ai donc pensé à éditer cet album, façon de faire parvenir la poésie à un grand nombre possible de personnes”, a expliqué Mariche qui espère que son expérience servira d’exemple pour ses semblables. Il faut dire que la poésie kabyle n’attire pas grand nombre de lecteurs.
Cela n’est pas à cause du peu de patience qu’on éprouve pour elle mais par faute de ne pouvoir lire en kabyle. C’est en effet une réalité frappante. Ce ne sont pas tous les Kabyles qui excellent dans la lecture de leur langue. Cela est d’ailleurs facile à expliquer. Il n’est nullement besoin d’être un sociologigue ou un linguiste pour comprendre ce phénomène. C’est simple, on étudie le kabyle à l’école depuis peu.
La poésie devient ainsi inaccessible à une grande frange de la société. Cela pour dire que Ahcène Mariche a très bien fait en proposant cette nouvelle méthode de travail qui permettra sûrement à la poésie berbère d’aller de l’avant. “Je dois dire que pour moi ce problème ne se pose pas trop. J’ai vendu des centaines d’exemplaires de chacun de mes recueils”, a encore dit l’enfant du village Tala Toulmouts (Tizi Rached).
Pour lui, l’instrument audio permettra de toucher encore davantage des mordus de la poésie. Il reste convaincu que cette manière de faire ne peut que servir la poésie. Pour revenir à son propre album, celui-ci est composé de 25 poèmes qui sont tirés de son second recueil Taâzzult-iw (confidence et mémoire), publié en 2005. Ces poèmes sont proposés dans ce même album sur fonds musicaux.
Dans sa lecture, Ahcène Mariche est accompagné de plusieurs instruments de musique dont on peut aisément distinguer le luth, la mandole, la flûte et le violon. Les différentes musiques interprétées par des professionnels en la matière ont considérablement contribué à la réussite de cette première expérience en donnant plus de tonus aux poèmes.
Notons pour rappel qu’Ahcène Mariche a déjà publié quatre recueils. Ces derniers sont interprétés dans pas moins de dix langues. Ce qui renseigne on ne peut mieux sur la notoriété de ce poète qui réserve encore plein de surprises à son public. Mariche promet en fait bien des nouveautés dans le proche avenir.
M. O. B.